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Aider : un agent dev en CLI

Réponse directe

Aider est un agent de code en ligne de commande qui édite vos fichiers depuis une demande en français et commite chaque changement dans Git. En local, il se branche sur Ollama avec le préfixe ollama_chat/ ; le réglage décisif est la fenêtre de contexte, car Ollama tronque en silence à 2 000 tokens par défaut. Un modèle de 24 milliards de paramètres comme Devstral est le minimum confortable.

Un assistant qui modifie vraiment vos fichiers doit être réversible, prévisible et capable de tourner sans envoyer votre code à un tiers. Aider coche ces cases, à condition de le configurer correctement pour un modèle local. Ce guide passe en revue l'installation, le branchement sur Ollama, le choix du modèle, les modes de chat, le rôle de Git et de vos tests, puis ce qui échoue en pratique.

Par Mohamed Meguedmi·Màj 2026-09-30·Testé sur Windows, macOS, Linux

#Ce qu'est Aider, et ce qu'il fait dans votre dépôt

Aider est un assistant de programmation en ligne de commande, open source, qui se présente lui-même comme de la programmation en binôme avec une IA dans le terminal. Vous lancez la commande aider dans un dépôt Git, vous décrivez un changement en langage naturel, et il propose des modifications de fichiers, les applique, puis les enregistre dans un commit. Il fonctionne avec des modèles hébergés (Claude, GPT, DeepSeek) comme avec des modèles locaux servis par Ollama ou LM Studio, ce qui en fait l'un des rares agents de code utilisables sans qu'une ligne de votre projet ne quitte la machine. Le dépôt officiel dépasse les 49 000 étoiles sur GitHub.

Trois choses le distinguent d'un simple chat. D'abord, il tient une carte du dépôt : à chaque requête, il envoie au modèle une liste des fichiers avec leurs classes, fonctions et signatures principales, de sorte que le modèle sait où chercher sans que vous lui montriez tout. Ensuite, il est intégré à Git : chaque modification devient un commit annulable. Enfin, il boucle sur des commandes que vous lui donnez, linter et tests, et tente de corriger ce qui échoue. Ce n'est pas un agent autonome qui explore le web ou lance des serveurs : c'est un éditeur de code piloté par la conversation.

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Ce guide et son voisin
Ce guide couvre l'installation, la configuration locale et les réflexes qui évitent les échecs. Le guide « Aider + Ollama : coder dans le terminal » va plus loin sur un workflow complet ; le comparatif des modèles de code se trouve dans le guide dédié.

#Installer Aider

Le kit Copilote Local

Ce guide t'amène au modèle. Le kit t'amène au copilote qui code dans ton éditeur.

  • Espace en ligne à vie
  • PDF + fichiers
  • Mises à jour à vie

La méthode officielle la plus courte passe par le paquet aider-install, qui installe Aider dans son propre environnement Python isolé et, au besoin, télécharge une version de Python compatible. Le prérequis est un Python entre 3.8 et 3.13 pour cette voie. Des installateurs en une ligne, fondés sur uv, existent pour macOS, Linux et Windows. L'ancienne recette avec pipx fonctionne toujours, mais la documentation actuelle recommande aider-install.

Installation recommandée
python -m pip install aider-install
aider-install

# Vérifier
aider --version

Placez-vous ensuite à la racine de votre projet. Si le dossier n'est pas un dépôt Git, Aider propose d'en créer un, mais il vaut mieux l'initialiser vous-même : tout le filet de sécurité décrit plus bas repose sur Git.

#Le brancher sur Ollama sans se piéger avec le contexte

La documentation officielle d'Aider pour Ollama tient en quatre gestes : définir la variable OLLAMA_API_BASE (l'adresse habituelle est http://127.0.0.1:11434), télécharger le modèle avec ollama pull, démarrer le serveur, puis lancer aider avec le préfixe ollama_chat/ devant le nom du modèle. Le préfixe ollama_chat/ est explicitement recommandé plutôt que ollama/.

Lancement avec un modèle local
export OLLAMA_API_BASE=http://127.0.0.1:11434
ollama pull devstral:24b
OLLAMA_CONTEXT_LENGTH=8192 ollama serve

# Dans un autre terminal, à la racine du projet
aider --model ollama_chat/devstral:24b

Le piège le plus coûteux est la fenêtre de contexte. Ollama utilise par défaut 2 000 tokens de contexte, ce qui est minuscule pour un agent de code, et, point décisif, il rejette silencieusement ce qui dépasse. Sans le savoir, vous pouvez donc parler à un modèle qui n'a reçu que le début de vos fichiers. Aider limite le problème : par défaut, il règle lui-même la fenêtre d'Ollama à la taille de chaque requête plus 8 000 tokens pour la réponse. Si vous préférez une taille fixe, il faut passer par un fichier de réglages de modèle, pas par le fichier de configuration principal.

Fichier .aider.model.settings.yml (taille fixe du contexte)
- name: ollama_chat/devstral:24b
  extra_params:
    num_ctx: 32768
!
Une erreur fréquente dans les tutoriels
Écrire num_ctx directement dans .aider.conf.yml ne règle pas la fenêtre d'Ollama : ce paramètre appartient aux réglages du modèle (extra_params). Vérifiez la valeur réellement utilisée avec la commande /tokens, qui détaille ce qui est envoyé.

Le contexte a un prix en mémoire : le cache KV grandit avec la fenêtre, et un modèle de 24 milliards de paramètres qui occupe déjà environ 14 Go en Q4 laisse peu de marge sur une carte de 16 Go. Le guide sur la fenêtre de contexte et celui sur la quantification du cache KV donnent les ordres de grandeur.

#Quel modèle local pour Aider

Aider est aussi bon que le modèle qui le pilote, et la difficulté est double : le modèle doit raisonner sur le code et respecter un format d'édition strict. Un modèle qui ne suit pas ce format produit des modifications que l'outil ne sait pas appliquer. Le classement public d'Aider, fondé sur 225 exercices Exercism dans six langages, mesure justement cette double capacité ; il est dominé par de très gros modèles hébergés, et les modèles qui tiennent sur une machine personnelle y sont sensiblement moins bien placés. Consultez-le avant d'espérer un résultat de niveau cloud.

Pour un poste local, Devstral 24B, publié par Mistral AI et All Hands AI, est un point de départ cohérent : il est conçu pour les agents de code, il pèse 14 Go dans la bibliothèque Ollama et annonce une fenêtre de 128 000 tokens. Sur un GPU de 12 Go ou moins, il faut descendre vers un modèle plus petit et accepter davantage d'erreurs de format. Le guide « Meilleur LLM local pour coder » compare les candidats actuels ; ce guide-ci ne fige aucun palmarès, car il change trop vite.

Choisir selon sa machine (repères de mémoire, poids en Q4 hors contexte)
Mémoire disponibleTaille de modèle réalisteCe qu'il faut attendre d'Aider
8 à 12 Go7 à 14 milliards (5 à 9 Go)Petites éditions ciblées, un fichier à la fois ; erreurs de format fréquentes
16 Go14 à 24 milliards (9 à 14 Go)Modifications sur deux ou trois fichiers avec contexte réduit
24 Go et plus24 à 32 milliards (14 à 20 Go)Usage quotidien acceptable, avec un contexte de 16 000 tokens ou plus
Modèles hébergésTrès grands modèlesMeilleure fiabilité ; à réserver aux dépôts non confidentiels

#Un premier changement, du prompt au commit

  1. 01
    Ajouter les bons fichiers
    Lancez aider en lui passant les fichiers à modifier, par exemple aider src/api.py src/models.py. Les fichiers ajoutés sont ceux qu'il peut éditer ; le reste du dépôt lui est connu par la carte.
  2. 02
    Décrire le changement précisément
    Écrivez une demande complète : « Ajoute un endpoint GET /users/:id qui renvoie l'utilisateur, ou une erreur 404 s'il n'existe pas. » Une demande vague produit un diff vague.
  3. 03
    Relire le diff
    Aider affiche les modifications et les applique. Regardez-les avec /diff avant de continuer : c'est le moment de refuser, pas après trois demandes supplémentaires.
  4. 04
    Vérifier le commit
    Chaque édition est enregistrée avec un message descriptif. Si le résultat est mauvais, /undo annule le dernier commit fait par Aider.
  5. 05
    Enchaîner par petites étapes
    Demandez ensuite les tests, la gestion du cas limite, la journalisation, une étape à la fois. Les petites étapes gardent le contexte court et le diff lisible.

#Les commandes de chat qui comptent

Aider propose des dizaines de commandes commençant par une barre oblique ; une poignée suffit pour travailler. La règle générale : ce que vous n'avez pas ajouté au chat n'est pas modifiable, mais la carte du dépôt permet au modèle de savoir que d'autres fichiers existent.

/add et /drop
Ajoutent ou retirent des fichiers du chat. Retirer les fichiers devenus inutiles libère du contexte, ce qui compte beaucoup avec un modèle local.
/read-only
Ajoute un fichier en référence seule : le modèle le lit sans pouvoir l'éditer. Utile pour un fichier de conventions ou un contrat d'interface.
/ask, /code, /architect
Changent le mode de chat, pour un message ou de façon durable avec /chat-mode.
/run et /test
/run lance une commande shell et peut en verser la sortie dans le chat ; /test lance la commande de test et ajoute la sortie au chat si elle échoue, ce qui déclenche une correction.
/diff et /undo
/diff montre les changements depuis votre dernier message ; /undo annule le dernier commit s'il a été fait par Aider.
/tokens
Rapporte le nombre de tokens utilisés par le contexte actuel : le réflexe à prendre pour comprendre pourquoi un modèle local « oublie ».
/map
Affiche la carte du dépôt envoyée au modèle.

#Les modes de chat : code, ask, architect

Aider distingue quatre modes de chat. Le mode code, celui par défaut, modifie vos fichiers. Le mode ask discute du code sans jamais le modifier. Le mode architect fait travailler deux modèles : un modèle architecte propose la solution, puis un modèle éditeur la traduit en modifications précises de fichiers. Le mode help répond aux questions sur Aider lui-même. Il n'existe pas de mode intermédiaire nommé « paired » ; l'association d'un modèle fort et d'un modèle rapide se règle avec les options --model et --editor-model.

Le flux recommandé par la documentation consiste à alterner /ask et /code : on discute de l'approche en mode ask, puis on bascule en mode code, où un simple « go ahead » suffit à exécuter le plan convenu. C'est une version plus fluide du mode architect avec un seul modèle. Pour un modèle local de taille moyenne, c'est souvent le meilleur compromis : vous évitez de charger deux modèles en mémoire, et vous gardez la main sur le plan.

Le mode architect se justifie pour les modèles qui raisonnent bien mais éditent mal. Il coûte deux requêtes au lieu d'une : ne l'activez que si le mode code produit régulièrement des diffs invalides.

#Git, votre filet de sécurité

Aider s'appuie sur Git pour rendre chaque erreur réversible. À chaque édition, il commit les changements avec un message descriptif, généré par le modèle faible à partir du diff et de la conversation, dans le style des commits conventionnels. Avant de toucher à un fichier ayant des modifications non commitées, il commite d'abord l'existant : votre travail et celui de l'IA restent séparés dans l'historique. Les commits qu'il crée portent la mention « (aider) » dans le nom d'auteur, ce qui permet de les retrouver.

Le corollaire, ce sont de nombreux petits commits. La bonne pratique consiste à faire travailler Aider sur une branche dédiée, à relire, puis à écraser les commits avant de fusionner. Deux options méritent d'être connues : --no-auto-commits désactive l'enregistrement automatique, et --git-commit-verify réactive les hooks pre-commit, que l'outil contourne par défaut avec --no-verify. Si votre équipe s'appuie sur ces hooks, l'option change tout.

Travailler sur une branche jetable
git switch -c ai/endpoint-users
aider src/api.py
# ... relire, tester, puis :
git rebase -i main

#Faire tourner vos tests dans la boucle

C'est le réglage qui transforme Aider d'un générateur de code en outil qui se corrige. Avec --test-cmd et --auto-test, il lance votre suite de tests après chaque modification ; si la commande renvoie un code de sortie non nul, il lit la sortie et tente de réparer. Le principe est le même pour le linter, avec --lint-cmd, et Aider lint par défaut les fichiers qu'il édite.

Boucle test automatique
aider --test-cmd "pytest -x -q" --auto-test --lint-cmd "ruff check"

Deux précautions. La commande de test doit être rapide : avec un modèle local, chaque cycle coûte déjà plusieurs dizaines de secondes de génération. Et elle doit afficher les erreurs avec un code de sortie non nul, faute de quoi Aider croit que tout va bien.

#Ce qui échoue avec un modèle local, et comment le contourner

Erreurs de format d'édition
Le modèle renvoie une modification que l'outil ne peut pas appliquer. Passez à un modèle plus grand, ou testez le mode architect. La documentation d'Aider consacre une page de dépannage à ces erreurs.
Oubli de contexte
Symptôme : le modèle ignore un fichier que vous venez d'ajouter. Cause probable : fenêtre trop petite ou contexte saturé. Réponse : /tokens, /drop des fichiers inutiles, puis contexte plus grand.
Fichiers trop longs
Un fichier de plusieurs milliers de lignes sature un contexte local. Découpez-le, ou demandez une modification sur une fonction précise.
Demandes vagues
« Améliore ce code » produit des diffs imprévisibles. Nommez le fichier, la fonction, le comportement attendu.
Erreur de limite de jetons
Aider signale quand un modèle dépasse ses limites et suggère des actions : demander des changements plus petits, découper les fichiers, changer de modèle.
→
Confidentialité : ce qui sort réellement
Avec Ollama en local, le code reste sur la machine. Vérifiez néanmoins la configuration d'Aider : l'outil propose une collecte de statistiques d'usage optionnelle, et un modèle hébergé configuré par erreur enverrait des extraits de code à un tiers. La checklist confidentialité du site détaille les points à contrôler.

#Aider ou un agent dans l'éditeur

Aider s'adresse à qui travaille au terminal et veut un historique Git propre. Si vous préférez rester dans VS Code, Cline propose une expérience équivalente avec validation étape par étape ; si vous voulez un agent de terminal plus autonome, OpenCode est une piste. Le choix ne dépend pas de la qualité du modèle, qui est la même, mais de l'endroit où vous voulez relire les diffs.

Aider face aux autres agents de code locaux
CritèreAiderAgent dans l'éditeur (Cline)Agent de terminal (OpenCode)
InterfaceTerminalVS CodeTerminal
Historique GitCommit automatique par éditionÀ votre chargeÀ votre charge
Contexte du dépôtCarte du dépôt, fichiers ajoutés à la mainExploration par outilsExploration par outils
Cas idéalModifications ciblées et reluesTâches multi-étapes avec validation visuelleTâches longues au terminal
FAQ
Aider fonctionne-t-il vraiment avec un modèle local ?+
Oui, la documentation d'Aider décrit la connexion à Ollama. La qualité dépend surtout du modèle : les modèles de 24 à 32 milliards de paramètres sont utilisables au quotidien, en dessous les erreurs de format d'édition se multiplient. Pour du code confidentiel, c'est le compromis courant : un peu moins de fiabilité contre aucune donnée qui sort.
Quel modèle choisir pour Aider avec Ollama ?+
Devstral 24B est un point de départ raisonnable : il est conçu pour les agents de code et pèse 14 Go. Sur moins de mémoire, prenez un modèle de code plus petit et acceptez davantage d'erreurs. Le classement public d'Aider indique quels modèles suivent bien le format d'édition ; consultez-le plutôt qu'un palmarès figé.
Pourquoi Aider semble-t-il oublier mes fichiers ?+
Ollama utilise par défaut une fenêtre de 2 000 tokens et rejette en silence ce qui dépasse. Aider la règle d'ordinaire à la taille de la requête plus 8 000 tokens, mais un contexte saturé reste possible. Utilisez /tokens pour mesurer, /drop pour libérer de la place, et fixez num_ctx dans les réglages du modèle.
Comment annuler une modification d'Aider ?+
Tapez /undo : la commande annule le dernier commit s'il a été fait par Aider. Pour remonter plus loin, utilisez Git normalement, avec git reset ou git revert. Le plus sûr reste de travailler sur une branche dédiée, que vous pouvez supprimer entièrement si le résultat ne vous convient pas.
Faut-il désactiver les commits automatiques ?+
Pas forcément. Ils rendent chaque changement réversible et lisible dans l'historique. L'inconvénient est le nombre de petits commits, réglé par un rebase ou un squash avant de fusionner. Avec --no-auto-commits, vous perdez ce filet, à réserver aux cas où votre équipe impose des commits manuels.
Aider peut-il lancer mes tests tout seul ?+
Oui : avec --test-cmd et --auto-test, il exécute la commande après chaque modification et tente de corriger si elle échoue. Prévoyez une commande rapide qui affiche ses erreurs et renvoie un code de sortie non nul. Avec un modèle local, chaque cycle de correction ajoute plusieurs dizaines de secondes.
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